Le PDG d'Amazon, Andy Jassy, a visité le bureau de l'entreprise à Vancouver avec un message pour les plus de 46 000 employés d'Amazon à travers le pays : le Canada est un marché important pour Amazon, avec une équipe qui demeure débrouillarde, innovante et obsédée par la clientèle.

« Notre activité au Canada est une activité très importante », a déclaré Jassy lors d'une discussion avec Jesse Dougherty, vice-président de l'expérience client AWS, devant un auditoire de 200 Amazoniens. « Elle compte beaucoup pour l'entreprise. Elle compte beaucoup pour l'équipe de direction et pour moi. »

Jassy a un lien personnel avec l'histoire d'Amazon au pays. Il était présent lors du lancement d'Amazon.ca en 2002, lorsqu'il s'est rendu à Toronto avec le fondateur Jeff Bezos pour l'occasion. Plus de deux décennies plus tard, l'entreprise exploite la quasi-totalité de ses secteurs d'activité au Canada, soit le commerce de détail, la logistique, la publicité, AWS, Prime Video et les appareils, depuis des bureaux s'étendant de Vancouver à Halifax.

Les chiffres confirment cet engagement. Amazon a investi environ 65 milliards $ au Canada depuis 2010, avec un engagement supplémentaire de 25 milliards $ dans l'infrastructure d'AWS au cours de la prochaine décennie.

Une ambition de mille milliards de dollars
Jassy a présenté une vision ambitieuse pour Amazon dans les années à venir. Il a souligné que 80 % à 85 % des dépenses mondiales en commerce de détail se font encore dans des magasins physiques, une proportion qu'il s'attend à voir changer considérablement au cours de la prochaine décennie, grâce à des améliorations en matière de rapidité et de sélection comme la livraison le jour même, la livraison par drone et l'expansion des activités d'épicerie.

Du côté de l'infonuagique, l'entreprise a de grandes ambitions : « Je crois qu'AWS a la possibilité de devenir une entreprise générant des revenus de 1 000 milliards $ à terme. Il n'existe aucune entreprise de mille milliards de dollars aujourd'hui. Et chez Amazon, nous avons la possibilité d'en avoir deux, entre le commerce de détail et AWS. »

Une IA qui résout de vrais problèmes
Lorsque la conversation a porté sur l'IA, Jassy a tracé une ligne claire quant à l'approche de l'entreprise.

« Nous ne créons pas des expériences simplement parce que nous trouvons ça cool », a-t-il déclaré. « Nous essayons de résoudre de vrais problèmes pour la clientèle. »

Il a décrit deux principaux domaines d'intérêt. Le premier consiste à créer des outils pour les développeurs et les entreprises, notamment Amazon SageMaker AI pour l'entraînement de modèles personnalisés, Amazon Bedrock pour l'inférence rentable et Amazon AgentCore pour la création d'agents d'IA à grande échelle.

« La principale façon dont les entreprises vont tirer de la valeur de l'IA sera par l'intermédiaire des agents », a déclaré Jassy.

Le deuxième domaine consiste à utiliser l'IA pour réinventer les expériences grand public d'Amazon, du magasinage au divertissement en passant par Alexa.

« Quelles que soient les meilleures expériences client aujourd'hui, elles ne seront pas les expériences gagnantes dans trois à cinq ans », a-t-il déclaré. « Nous devons nous perturber nous-mêmes, nous réinventer et le faire de manière proactive. »

Cette philosophie se concrétise déjà avec Alexa. Jassy a indiqué que la décision de reconstruire l'assistante vocale à partir de zéro a été « incroyablement facile » une fois que l'IA générative a changé ce qui était technologiquement possible. La partie la plus difficile a été d'amener les équipes à abandonner ce qu'elles avaient passé plus d'une décennie à construire. Il a ajouté qu'il est enthousiaste à propos de ce qui s'en vient bientôt pour Alexa Plus.

Rendez-vous télé et la LNH sur Prime Video
Jassy a également évoqué sa passion de toujours pour le hockey. Il assistait aux matchs des Rangers de New York avec son père dès l'âge de trois ans, et il n'a pas pu résister à un clin d'œil taquin à l'histoire : ses Rangers ont battu le Canuck lors de la finale de la Coupe Stanley en 1994.

Il a expliqué la logique commerciale derrière le récent accord d'Amazon avec la LNH, qui diffuse 27 matchs de saison régulière le mercredi soir et des matchs éliminatoires exclusifs sur Prime Video.

« Il y a une raison pour laquelle 95 des 100 émissions les mieux cotées chaque année sont des événements sportifs : c'est vraiment le dernier bastion du rendez-vous télé », a-t-il déclaré. « Nous constatons que lorsque la clientèle commence à utiliser Prime Video, elle a tendance à être plus engagée avec nous pour le magasinage par la suite. »

Rejoindre chaque coin du Canada
Le Canada abrite certaines des communautés les plus éloignées au monde, et Jassy a insisté sur le fait que l'emplacement ne devrait pas déterminer la qualité de l'expérience client.

« Il ne devrait pas être vrai que seules les personnes vivant dans les régions urbaines ou métropolitaines puissent profiter de cette expérience », a-t-il dit.

Il a souligné qu'Amazon a déjà réduit les délais de livraison de plusieurs semaines à quelques jours dans plusieurs localités éloignées du Nord et a décrit les investissements en cours pour rejoindre une clientèle que les réseaux de livraison traditionnels n'ont jamais été conçus pour desservir.

Jassy a également parlé du service de satellites en orbite terrestre basse d'Amazon, Amazon Leo, soulignant que 500 millions de foyers dans le monde n'ont pas accès à la connectivité à large bande. Amazon compte actuellement environ 400 satellites en orbite et se dirige vers 3 000.

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